Souvenirs du Tour : LE SECRET CACHÉ DANS LE CADRE
Posté : 19 janv. 2026 08:30
.
Pulsarr·Suivre
·
LE SECRET CACHÉ DANS LE CADRE : L'HISTOIRE DU CYCLISTE QUI A SAUVÉ 800 VIES EN PÉDALANT 
Dans l'histoire du sport, il y a les champions qui gagnent des trophées, et il y a les légendes qui changent le monde. Gino Bartali appartient à une catégorie à part, celle des héros silencieux. Dans l'Italie des années 1930 et 1940, il était un dieu vivant. Vainqueur du Tour de France (à deux reprises, à dix ans d'écart !), triple vainqueur du Giro, et éternel rival du grand Fausto Coppi. Mais derrière les maillots colorés et les podiums, "Gino le Pieux" menait une double vie secrète qui aurait pu le faire fusiller sur-le-champ.
Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate et que l'Italie sombre sous le fascisme et l'occupation allemande, Bartali refuse de rester passif. Approché par l'archevêque de Florence, il accepte une mission impossible : devenir le messager d'un réseau clandestin d'aide aux Juifs persécutés.
Son plan est d'une audace folle. Il utilise sa célébrité comme bouclier.
Tous les jours, Gino enfourche son vélo de course. Il prétend s'entraîner pour les grandes compétitions à venir. Il parcourt des distances inhumaines, parfois 350 ou 400 kilomètres entre Florence, Assise et Rome. Sur sa route, il croise des dizaines de barrages de police, de miliciens fascistes et de soldats allemands.
Mais là où n'importe quel autre citoyen aurait été fouillé violemment, Bartali est acclamé. Les soldats, ébahis de voir leur idole, lui demandent des autographes. Ils discutent technique, admirant sa machine. C'est là que réside le génie de Bartali : il leur demande expressément de ne pas toucher à son vélo, prétextant qu'il est "réglé au millimètre près" pour la performance et que le moindre contact pourrait tout dérégler. Les soldats reculent respectueusement.
S'ils avaient su...
S'ils avaient dévissé la selle ou retiré le guidon, ils auraient trouvé, roulés serrés à l'intérieur des tubes creux du cadre, des centaines de faux papiers d'identité, des photos et des documents vitaux destinés à fournir de nouvelles identités aux familles juives cachées dans les couvents.
Bartali pédalait littéralement sur une bombe à retardement. Il ne transportait pas seulement des papiers ; il transportait de l'argent pour les réfugiés et transmettait des messages codés à la Résistance. On sait aussi qu'il a caché la famille Goldenberg dans sa propre cave à Florence pendant des mois, risquant la vie de sa femme et de ses enfants si la Gestapo l'avait découvert.
Le plus extraordinaire dans cette histoire ? Le silence.
Après la guerre, Gino Bartali n'a rien dit. Absolument rien. Il a repris la compétition, a gagné son deuxième Tour de France en 1948, et a continué sa rivalité légendaire avec Coppi. Il n'a jamais cherché à monnayer son courage. Il n'a écrit aucun livre, donné aucune interview sur ses actes de guerre. Quand on l'interrogeait sur cette période, il détournait la conversation. Il avait cette phrase magnifique qui résume sa philosophie : "Le bien se fait, mais il ne se dit pas. Et certaines médailles s'accrochent à l'âme, pas à la veste."
Ce n'est qu'après sa mort en 2000, grâce à la découverte de vieux carnets et aux témoignages poignants des survivants, que l'ampleur de son héroïsme a été révélée au monde. On estime aujourd'hui que les coups de pédale de Gino Bartali ont contribué à sauver environ 800 Juifs de la déportation et des camps de la mort.
En 2013, il a été officiellement reconnu "Juste parmi les Nations" par le mémorial de Yad Vashem. Gino Bartali restera à jamais l'homme qui a prouvé qu'on peut être un géant sur la route, mais un titan dans l'humanité. Il a gagné des courses prestigieuses, mais sa plus belle victoire est celle que personne n'a vue à la télévision : celle de la vie contre la barbarie.
Connaissiez-vous cette face cachée de la légende du cyclisme ? Pensez-vous que les sportifs d'aujourd'hui auraient ce genre de courage ?
.
. .
.
.
.
.
.
.
.
.
Pulsarr·Suivre
·
Dans l'histoire du sport, il y a les champions qui gagnent des trophées, et il y a les légendes qui changent le monde. Gino Bartali appartient à une catégorie à part, celle des héros silencieux. Dans l'Italie des années 1930 et 1940, il était un dieu vivant. Vainqueur du Tour de France (à deux reprises, à dix ans d'écart !), triple vainqueur du Giro, et éternel rival du grand Fausto Coppi. Mais derrière les maillots colorés et les podiums, "Gino le Pieux" menait une double vie secrète qui aurait pu le faire fusiller sur-le-champ.
Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate et que l'Italie sombre sous le fascisme et l'occupation allemande, Bartali refuse de rester passif. Approché par l'archevêque de Florence, il accepte une mission impossible : devenir le messager d'un réseau clandestin d'aide aux Juifs persécutés.
Son plan est d'une audace folle. Il utilise sa célébrité comme bouclier.
Tous les jours, Gino enfourche son vélo de course. Il prétend s'entraîner pour les grandes compétitions à venir. Il parcourt des distances inhumaines, parfois 350 ou 400 kilomètres entre Florence, Assise et Rome. Sur sa route, il croise des dizaines de barrages de police, de miliciens fascistes et de soldats allemands.
Mais là où n'importe quel autre citoyen aurait été fouillé violemment, Bartali est acclamé. Les soldats, ébahis de voir leur idole, lui demandent des autographes. Ils discutent technique, admirant sa machine. C'est là que réside le génie de Bartali : il leur demande expressément de ne pas toucher à son vélo, prétextant qu'il est "réglé au millimètre près" pour la performance et que le moindre contact pourrait tout dérégler. Les soldats reculent respectueusement.
S'ils avaient su...
S'ils avaient dévissé la selle ou retiré le guidon, ils auraient trouvé, roulés serrés à l'intérieur des tubes creux du cadre, des centaines de faux papiers d'identité, des photos et des documents vitaux destinés à fournir de nouvelles identités aux familles juives cachées dans les couvents.
Bartali pédalait littéralement sur une bombe à retardement. Il ne transportait pas seulement des papiers ; il transportait de l'argent pour les réfugiés et transmettait des messages codés à la Résistance. On sait aussi qu'il a caché la famille Goldenberg dans sa propre cave à Florence pendant des mois, risquant la vie de sa femme et de ses enfants si la Gestapo l'avait découvert.
Le plus extraordinaire dans cette histoire ? Le silence.
Après la guerre, Gino Bartali n'a rien dit. Absolument rien. Il a repris la compétition, a gagné son deuxième Tour de France en 1948, et a continué sa rivalité légendaire avec Coppi. Il n'a jamais cherché à monnayer son courage. Il n'a écrit aucun livre, donné aucune interview sur ses actes de guerre. Quand on l'interrogeait sur cette période, il détournait la conversation. Il avait cette phrase magnifique qui résume sa philosophie : "Le bien se fait, mais il ne se dit pas. Et certaines médailles s'accrochent à l'âme, pas à la veste."
Ce n'est qu'après sa mort en 2000, grâce à la découverte de vieux carnets et aux témoignages poignants des survivants, que l'ampleur de son héroïsme a été révélée au monde. On estime aujourd'hui que les coups de pédale de Gino Bartali ont contribué à sauver environ 800 Juifs de la déportation et des camps de la mort.
En 2013, il a été officiellement reconnu "Juste parmi les Nations" par le mémorial de Yad Vashem. Gino Bartali restera à jamais l'homme qui a prouvé qu'on peut être un géant sur la route, mais un titan dans l'humanité. Il a gagné des courses prestigieuses, mais sa plus belle victoire est celle que personne n'a vue à la télévision : celle de la vie contre la barbarie.
.
. .
.
.
.
.
.
.
.
.